Renfort de charpente lamellé collé - Salle de combat - GUIPAVAS (29)
Budget : 70 000 €ht
Année : 2025
Description : Renforcement global de la charpente lamellé-collé : moisage, étrésillons, entrait retroussé, contrôle des flèches et reprise de charges sécurisée.
Description détaillée des travaux
La salle de sport de combat devait recevoir une ré-isolation de toiture afin d’améliorer ses performances thermiques et acoustiques. Cette opération ajoutait une surcharge permanente (isolant + étanchéité + fixations), imposant de réinterroger la capacité portante de la charpente lamellé-collé existante. Dans le cadre d’un appel d’offres public, nous avons proposé une solution de renforcement combinant moisage des pannes, ajout d’étrésillons pour stabiliser la toiture et renfort des portiques par moises placées dans leurs reins, complétée par un entrait moisé retroussé. L’objectif était double : maîtriser les flèches en service et sécuriser la reprise de charges, tout en respectant le planning et l’usage associatif de l’équipement.
Contexte et diagnostic structurel
Avant toute intervention, une campagne de relevés a permis d’identifier les portées, entraxes, sections et assemblages des éléments lamellé-collé (GL24/GL28). Les hypothèses de charges permanentes (poids propre, isolation, étanchéité, équipements) et variables (neige, vent, exploitation technique) ont été actualisées. Les combinaisons d’actions en état limite ultime et de service ont été recalculées afin d’évaluer contraintes, flèches instantanées et différées (fluage), ainsi que la stabilité latérale des pannes. Le diagnostic a confirmé un déficit de capacité sur certaines barres pour les nouvelles charges, et un risque de flambement latéral-torsion sur des portions de pannes insuffisamment contreventées. Il convenait donc d’apporter un renfort au juste besoin : cibler les zones critiques, conserver les parties saines et limiter les surépaisseurs inutiles.
Principe de renfort : moisage des pannes lamellé-collé
Le moisage consiste à adjoindre, de part et d’autre de l’élément existant, des planches/lamelles en lamellé-collé ou lamibois, fixées par un vissé-collé (résine époxydique ou polyuréthane structurale + vis autoperceuses/asserrées à pas optimisé). Ce dispositif :
augmente l’inertie et la section équivalente, réduisant la flèche sous charges ;
répartit les contraintes et réduit les pics au droit des appuis ;
améliore la durabilité en protégeant les rives et en supprimant certains amorces de fissures.
Un calepinage précis a défini longueurs de recouvrement, entraxe des vis, couples de serrage, préparation des supports (ponçage, dépoussiérage, hygrométrie contrôlée) et séquences de collage pour garantir un transfert d’efforts fiable. Les zones d’appui sur muralières ou sabots métalliques ont reçu un complément de frettage ou de renfort d’assemblage lorsque nécessaire.
Stabilisation et contrôle de la flèche : étrésillons et entretoises
Pour verrouiller le plan des pannes et limiter le flambement latéral, des étrésillons/entretoises ont été ajoutés à intervalles réguliers, solidarisant les pannes et améliorant la répartition des charges. Cette trame, couplée au moisage, diminue la longueur de flambement et stabilise la couverture lors des phases transitoires (pose de l’isolant, circulation d’équipes). Elle participe aussi à la maîtrise des flèches en service, en particulier sous vent et neige. Un suivi topographique (cibles, mire) a été mis en place pour vérifier les déformations admissibles (typiquement < L/300 en exploitation courante, selon les critères retenus par la maîtrise d’œuvre).
Renfort des portiques : moises dans les reins
Les portiques lamellé-collé supportant la toiture présentaient, sur certaines travées, des réserves de capacité insuffisantes vis-à-vis de la surcharge. La solution a consisté à moiser les reins des portiques par des pièces adjointes lamellé-collé, ajustées au rayon, qui augmentent l’inertie locale et abaissent les contraintes en fibre tendue/comprimée. Les liaisons (tirefonds/vis structurelles + colle structurale) ont été dimensionnées pour reprendre les efforts de flexion et cisaillement supplémentaires. Les assemblages au droit des semelles et nœuds ont été revus, avec, si besoin, ajout de platines/feuillards pour répartir uniformément les efforts.
Entrait moisé retroussé : reprise des efforts horizontaux
Afin de rigidifier l’ensemble et de rééquilibrer la distribution des efforts, un entrait moisé retroussé a été ajouté. Placé au-dessus du tirant initial, il contribue à refermer la géométrie, limiter l’écartement des appuis et contenir les poussées. Ce choix technique améliore le comportement global sous charges verticales et actions horizontales (vent), et participe à la réduction des flèches perçues au nu de la toiture. Les notes de calcul ont validé sa section, ses fixations et ses conditions d’ancrage.
Mise en œuvre en site public : sécurité et phasage
La salle accueillant des associations sportives, le chantier a été phasé pour réduire l’indisponibilité des espaces. Les zones d’intervention ont été compartimentées ; un balisage et des protections (filets, bâches anti-poussière) ont contenu les nuisances. Les opérations sensibles (levage de moises, collage) ont été programmées dans des fenêtres calmes, avec contrôle hygrométrique pour la résine. Un PPSPS a encadré travail en hauteur, manutentions, coactivité et plan de secours. Les contrôles qualité (couples de serrage, profondeur d’ancrage, enfoncement des vis, continuité du film de colle) ont été consignés dans le DOE.
Performances et vérifications
À l’issue des travaux, des mesures de flèche ont été réalisées aux points représentatifs. Les résultats montrant un retour dans les seuils préfixés (criticité levée) ont été intégrés au dossier. Les pannes moisées présentent une inertie accrue, les étrésillons stabilisent le plan, le portique renforcé par moises montre des contraintes réduites dans les zones sollicitées, et l’entrait retroussé améliore l’équilibre global. La toiture peut désormais recevoir la ré-isolation (isolation + étanchéité) avec une marge de sécurité compatible avec l’usage du lieu.
Durabilité et maintenance
Le renfort privilégie des solutions à la source : reprise de section, stabilisation, meilleure répartition des efforts. Les traitements de finition (protection des chants, étanchéité des percements, contrôle des dispositifs anti-condensation) et la suppression de pièges à humidité renforcent la durabilité. Une fiche de maintenance recommande inspections visuelles périodiques (saisons humides, post-événements venteux) et vérifications ponctuelles des assemblages.
Bénéfices pour la collectivité
Sécurité structurelle rétablie avant isolation, sans surdimensionnement ;
Confort accru à terme (meilleure enveloppe) grâce au renfort préalable ;
Coût global maîtrisé par l’approche au juste besoin ;
Continuité d’usage des locaux associatifs via un phasage adapté ;
Traçabilité complète (plans, calculs, PV, DOE).
Lexique et tags :
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